Leçons des accidents: espaces confinés
publié le 03.03.26 par la rédaction, prevent.be
Un soudeur est tombé dans le coma alors qu'il effectuait des travaux de soudage dans un espace confiné. Que s'est-il passé?
Travaux de soudage
Un travailleur devait effectuer des travaux de soudage dans une cuve métallique. Lorsqu'un de ses collègues est venu voir l'avancement des travaux, il l’a trouvé gisant inconscient au fond de la cuve. Ce collègue, après avoir appelé les secours, est entré lui-même dans la cuve sans attendre. Il a immédiatement perdu connaissance. Les secouristes, équipés de masques respiratoires autonomes, ont finalement réussi à évacuer les deux hommes.
Asphyxie
Une enquête ultérieure a révélé qu’un gaz, de l'argon, s'échappait du chalumeau en activité.
La présence d'argon fait chuter les niveaux d'oxygène, entraînant ainsi l'asphyxie des deux travailleurs. Bien qu’ils aient tous deux survécu à l'accident, ils ont subi des lésions cérébrales. Le soudeur est resté dans le coma pendant 12 jours. Quand il s’est réveillé, il éprouvait des difficultés à parler, à marcher et à bouger son bras gauche. Il a dû suivre une rééducation longue et difficile. Son collègue souffre également de séquelles liées aux lésions cérébrales.
Argon?
L’argon, comme l'azote et l'hélium, sont des gaz inertes. Le terme “inerte” fait référence au fait que ces gaz ne réagissent pas quand ils entrent en contact avec d’autres substances. On les appelle aussi parfois “gaz nobles”.
C'est précisément parce qu'ils ne réagissent pas avec d'autres substances qu'on les utilise comme gaz de protection lors du soudage.
L'argon, qui protège donc le matériau à souder des influences environnementales, a aussi tendance à prendre la place de l'oxygène. Si en outre la pièce n'est pas suffisamment ventilée, la teneur en oxygène de l'air peut chuter rapidement. Quand les niveaux d'oxygène sont trop bas, les travailleurs risquent l’asphyxie.
Souder dans des espaces confinés: 5 règles essentielles
- Appliquer toutes les mesures prévues dans le permis de travail
- Contrôler minutieusement tout le matériel de soudage au préalable (absence de fuites ou d'autres défauts)
- N'entrez dans l'espace que si les tests d'atmosphère indiquent un niveau sûr pour l'ensemble de l'espace (suffisamment d'oxygène, pas de niveaux dangereux de gaz).
- Assurer une mesure continue de l'atmosphère
- Rester en contact avec le garde de sécurité.
Source HSE
Un ouvrier a été retrouvé mort dans une cuve de fermentation. Les accidents liés aux cuves de fermentation ont presque toujours de graves conséquences.
Que s’est-il passé?
L'entreprise où s’est produit l’accident est spécialisée dans le vinaigre et la moutarde. Pour la production, l’on utilise des cuves de fermentation. Ces cuves doivent être régulièrement nettoyées: un ouvrier descend alors la cuve, qui a été totalement vidée de son contenu, pour retirer les éventuels résidus.
La victime était habituée à nettoyer les cuves. Embauché en 1995, cet ouvrier avait déjà eu l’occasion de réaliser cette opération courante une centaine de fois, sans rencontrer de problèmes. Le fait qu’il connaisse bien cette tâche pourrait expliquer la nonchalance avec laquelle elle a été effectuée. On ne peut pénétrer dans un espace confiné que sous la surveillance constante d’un deuxième travailleur disposant des moyens d’alarme et de secours suffisants pour intervenir en cas d’urgence. Cette pratique ne semble pas être courante dans l’entreprise. Le corps de l’infortuné n’a été retrouvé qu’un temps après son décès.
CO2
Le processus de fermentation se déroule normalement sans apport de produits chimiques nocifs mais il présente le gros désavantage de produire du CO2, auquel viennent parfois s’ajouter d’autres résidus, notamment des vapeurs d’alcool (dans le cas de denrées alimentaires, il s’agit d’éthanol).
Lorsque l’on pénètre dans une cuve de fermentation, même soigneusement vidée de son contenu, il faut toujours ventiler à fond (de plus, comme le CO2 est plus lourd que l’air il faudra même prévoir une ventilation forcée pour les cuves ne possédant qu’une ouverture en hauteur). Au moindre doute, il faut effectuer une mesure de la teneur en oxygène et vérifier éventuellement la présence d’autres polluants.
Sources L'Ardennais, France bleu
Un mécanicien perdait la vie dans un accident du travail survenu alors qu'il procédait à des travaux de réparation sur une pompe à essence d'une camionnette. L'accumulation de vapeurs d'essence avait créé une atmosphère inflammable dans la fosse de réparation.
Que s'est-il passé?
Le jour de l'accident, le mécanicien et son collègue s'affairaient à réparer la pompe du réservoir d'essence d'une camionnette dans une fosse de réparation. Pour faciliter la remise en place du réservoir d'essence sous la camionnette, les travailleurs avaient utilisé différentes méthodes de transvasement de l'essence du réservoir, afin d'en alléger le contenu. Constatant l'inefficacité des méthodes utilisées, les travailleurs ont décidé d'utiliser une pompe électrique et un bloc d'alimentation. C'est à ce moment qu'un incendie a éclaté dans la fosse. Le mécanicien, grièvement brûlé, a été emmené d’urgence à l’hôpital où son décès a été constaté.
Accumulation de vapeurs
L'utilisation de la fosse pour accomplir les travaux de réparation de la pompe à essence de la camionnette a permis une accumulation suffisante de vapeurs inflammables pour atteindre la plage d'inflammabilité de l'essence. Les vapeurs d'essence étant plus lourdes que l'air, elles se sont accumulées au fond de la fosse. L'absence de ventilation mécanique a également permis que ces vapeurs s'accumulent en quantité suffisante pour créer des conditions propices au déclenchement d'un incendie.
Ensuite, alors que les différentes manipulations effectuées par les travailleurs avaient déjà contribué à l'accumulation de vapeurs d'essence dans le fond de la fosse, l'utilisation de la pompe électrique et du bloc d'alimentation comme méthode pour transvaser l'essence a favorisé la création d'un arc électrique, ce qui a déclenché un incendie dans la fosse
Comment éviter?
Le transvasement d'essence doit se faire à l'aide d'un transvideur certifié qui contrôle l'électricité statique et limite la dispersion des vapeurs d'essence. La procédure de transvasement doit également se faire dans un endroit aéré, loin des sources potentielles d'ignition.
L'employeur et les travailleurs doivent faire équipe pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer et les contrôler.
Rapport d’enquête complet CNESST
Source CNESST
Suite à une explosion survenue dans le garage où ils travaillaient, deux employés ont été gravement brûlés. Comment cet accident s'est-il produit?
Un produit inflammable
Les deux travailleurs nettoyaient les murs de la fosse du garage avec du liquide de nettoyage de freins, un produit inflammable. Alors qu'ils avaient terminé leur travail et étaient sur le point de sortir de la fosse, une forte détonation a retenti et toute la paroi de la fosse où le fluide avait été appliqué s'est enflammée. L'un des travailleurs a réussi à sortir de la fosse et à tirer son collègue vers lui. Il a ensuite éteint les flammes. Les deux travailleurs ont été brûlés aux mains et aux jambes. L'un d'eux, plus gravement brûlé, a dû subir plusieurs greffes de peau.
Chercher une alternative
L'enquête qui a suivi a montré que l'utilisation de ce produit inflammable n'était pas justifiée dans ces circonstances. En outre, l'entreprise n'avait pas cherché à trouver une alternative à ce produit ou à utiliser une autre méthode de travail, comme le nettoyage à haute pression. Enfin, les travailleurs n'étaient pas suffisamment conscients des risques liés à l'utilisation d'un produit chimique aussi inflammable dans une zone mal ventilée.
Source Suite à une explosion survenue dans le garage où ils travaillaient, deux employés ont été gravement brûlés. Comment cet accident s'est-il produit?
Un produit inflammable
Les deux travailleurs nettoyaient les murs de la fosse du garage avec du liquide de nettoyage de freins, un produit inflammable. Alors qu'ils avaient terminé leur travail et étaient sur le point de sortir de la fosse, une forte détonation a retenti et toute la paroi de la fosse où le fluide avait été appliqué s'est enflammée. L'un des travailleurs a réussi à sortir de la fosse et à tirer son collègue vers lui. Il a ensuite éteint les flammes. Les deux travailleurs ont été brûlés aux mains et aux jambes. L'un d'eux, plus gravement brûlé, a dû subir plusieurs greffes de peau.
Chercher une alternative
L'enquête qui a suivi a montré que l'utilisation de ce produit inflammable n'était pas justifiée dans ces circonstances. En outre, l'entreprise n'avait pas cherché à trouver une alternative à ce produit ou à utiliser une autre méthode de travail, comme le nettoyage à haute pression. Enfin, les travailleurs n'étaient pas suffisamment conscients des risques liés à l'utilisation d'un produit chimique aussi inflammable dans une zone mal ventilée.
Source HSE
Deux travailleurs ont perdu la vie lors du nettoyage d’un four. Qu’est-il arrivé?
Appareil de mesure cassé
Les deux travailleurs devaient nettoyer un four. Avant d'y entrer, le premier opérateur consulte l’appareil de mesure indiquant la composition de l'air dans le four pour voir s'il y avait suffisamment d'oxygène. L’appareil semble être cassé. L'opérateur vérifie alors si le programme du four est effectivement terminé et si l'opération a été complètement arrêtée. Comme c'est le cas, il décide de commencer le nettoyage et entre dans le four. Son collègue assure la garde à l'extérieur. Tous deux ignorent qu'à la fin du programme, le four est toujours rempli de vapeurs dangereuses. Peu de temps après être entré dans le four, l'opérateur s'effondre. Son collègue appelle les secours avant de pénétrer à son tour dans le four pour lui venir en aide. Il perd lui aussi conscience rapidement. Tous deux sont secourus par les services d'urgence mais ne survivent pas à l'accident.
Source Leren voor veiligheid: Contact met gevaarlijke stoffen in een besloten ruimte
Le manque d'oxygène dans un espace confiné a coûté la vie à deux travailleurs occupés dans un réservoir.
Que s'est-il passé?
Un travailleur devait, de toute urgence, remplacer une pièce dans un grand réservoir de stockage. Cette pièce avait été installée la veille, mais elle ne fonctionnait pas correctement. Un travailleur attendait au bord pendant que son collègue descendait dans le réservoir par l’échelle. Ce que les deux travailleurs ne savaient pas, c'est qu'un autre collègue avait déjà retiré la veille la machine qui assurait la ventilation nécessaire dans la cuve. En effet, le travail était terminé. Cette machine permettait d'assurer la présence de suffisamment d'oxygène dans le réservoir pour pouvoir travailler en toute sécurité. Vu l’absence de ventilation adéquate, le travailleur qui descendait a rapidement été pris de vertige et s'est évanoui. Voyant son collègue en difficulté, le deuxième travailleur s’est précipité et est descendu apporter son aide le plus rapidement possible. Cependant, une fois dans le réservoir, et avant de pouvoir faire quoi que ce soit, il a également été victime d’un malaise. Après une demi-heure de travail, d’autres collègues, accompagnés des services d'urgence, sont enfin parvenus à libérer les deux travailleurs. Ils étaient malheureusement tous les deux morts.
Source HSE
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