Les drogues au travail

La consommation problématique de drogues est une réalité dans la société, et donc également au travail. Comment votre employeur peut-il réagir s’il surprend un travailleur sous l’influence de drogues? Et que pouvez-vous faire pour aider un collègue qui a une consommation problématique?

Qu’entend-on par drogues?
Les drogues sont des substances qui, une fois absorbées, ont un effet sur le cerveau. Elles agissent sur les sensations, les sens et la conscience. Certains médicaments peuvent avoir un effet similaire. Ils sont également considérés comme drogues lorsqu’ils sont pris délibérément pour l’ivresse ou le plaisir, et non pas sur prescription d’un médecin.

Les drogues peuvent avoir trois types d’effets:
- remontant ou stimulant: speed, cocaïne, caféine…
- sédatif: alcool, héroïne, GHB, somnifères et tranquillisants…
- ‘altérant la conscience’ ou hallucinogène (modification de la manière dont les sens perçoivent la réalité): cannabis, LSD et autres substances hallucinogènes…

La législation établit une distinction entre les drogues licites et illicites. Ainsi, l’alcool est en vente libre, même s’il a un effet sédatif et peut entraîner une addiction. Certaines lois et règles visent toutefois à restreindre quelque peu la consommation de drogues licites, comme l’interdiction de vente d’alcool aux moins de 16 ans.

Chiffres
Le VAD (centre d’expertise flamand pour l’alcool et les autres drogues) collecte systématiquement les données sur les études réalisées. Dans l’ensemble, peu de données concernant la consommation de drogues (illicites) en Belgique.
L’enquête de santé 2013 révèle que, si l’on se réfère aux normes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 6% des Belges de plus de 15 ans boivent trop: plus de 14 unités (= verres standard) d’alcool par semaine pour les femmes et plus de 21 unités d’alcool par semaine pour les hommes. La proportion de consommateurs problématiques grimpe jusqu’à 13% chez ceux qui consomment de l’alcool chaque semaine. Pour ce qui concerne les drogues, 15% des personnes interrogées indiquent avoir déjà consommé du cannabis au cours de leur vie et 5% ont déjà consommé une autre drogue illicite (p.ex. cocaïne, amphétamines et opiacés). Pas moins de 15% des Belges ont consommé des substances psychoactives (somnifères, tranquillisants, antidépresseurs) au cours des deux semaines précédant l’enquête.

Risques
La dépendance que peut entraîner l’usage de drogues est un risque connu. L’on se met à consommer davantage et de plus fréquemment pour ressentir l’effet d’ivresse. On parle alors de dépendance psychique. Certaines drogues entraînent aussi une accoutumance de l’organisme: c’est la dépendance physique, qui pousse le consommateur à absorber des quantités de plus en plus importantes pour ressentir le même effet.
Outre l’addiction qu’elles provoquent, les drogues peuvent avoir d’autres effets néfastes.
- cannabis ou marijuana: fatigue, perte de concentration et apathie;
- substances stimulantes (cocaïne, amphétamines, XTC, speed,…): confiance en soi renforcée pouvant mener à un comportement à risque;
- certains médicaments peuvent influer sur les perceptions et la vitesse de réaction. Associés à d’autres substances comme l’alcool, ils peuvent avoir des effets imprévisibles.

Au travail, la consommation d’alcool ou de drogues peut aussi avoir des conséquences non seulement sur la sécurité de celui qui en prend et mais aussi sur celle de ses collègues.

Conséquences de la consommation d’alcool et de drogues au travail

Arrivée tardive

43%

Absentéisme

43%

Prestations irrégulières

42%

Fréquentes absences de courte durée

41%

Comportement inapproprié

41%

Tâches mal exécutées

39%

 

 

Prévention dans l’entreprise
Les entreprises sont tenues d’élaborer une politique en matière d’alcool et de drogues. Cette politique doit définir ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, ainsi que ce qu’il faut faire si un travailleur est ‘pris sur le fait’. Les sanctions pour les travailleurs occupant un poste de sécurité (conducteurs de chariot élévateur, de grue,…) ou un poste de vigilance (surveillance du fonctionnement d’une installation) peuvent être plus lourdes, car leur abus de drogues est susceptible de mettre des collègues et des tiers en danger.
La politique peut aussi prévoir des procédures d’aide pour les travailleurs ayant développé une addiction aux drogues ou à l’alcool. Le médecin du travail peut par exemple leur donner des informations sur les possibilités d’assistance et les organisations qui fournissent de l’aide.

Test d’alcool et de drogue
Les entreprises peuvent soumettre les travailleurs à des tests d’alcool et de drogue, moyennant le respect des conditions suivantes:
- leur recours doit être axé exclusivement sur la prévention
- les résultats ne peuvent justifier à eux seuls des sanctions et ne peuvent pas conduire à une discrimination
- l’intéressé doit avoir donné son accord
- l’intrusion dans la vie privée du travailleur doit être limitée à un minimum.

Un collègue consomme de la drogue
Il n’est pas toujours facile de déterminer si une personne a effectivement un problème de drogue. Les signes possibles d’une consommation de drogue sont: pâleur, fatigue, troubles de l’appétit, amaigrissement, pupilles très petites ou au contraire très dilatées, autre cercle d’amis, perte d’intérêt pour les hobbys, le travail, la famille ou les relations, fortes sautes d’humeur (agressivité, dépression, exubérance), problèmes financiers, attitude évasive…

Que devez-vous faire si un collègue est sous influence et ne peut plus faire son travail?
- Suivez les règles établies dans la procédure.
- Prévenez votre supérieur hiérarchique.
- Si la procédure le prévoit, accompagnez votre collègue au local de premiers secours ou dans une salle où il peut se reposer ou ramenez-le chez lui.
- Votre collègue ne se sent pas bien? Avertissez le service de premiers secours de l’entreprise ou les services de secours externes (112).

Sources: VAD, Druglijn, Prevent

 

: PreventActio 02/2016