Le travail de nuit après le cancer du sein

Les chercheurs néerlandais qui ont mené l’étude "Nightingale" émettent un avis de prudence quant au retour des femmes souffrant ou ayant souffert d’un cancer du sein à un poste de travail de nuit. "Ce n’est pas à conseiller, mais lorsque le profil de risque et le pronostic de santé sont bons, ce n’est pas non plus à déconseiller", semble-t-il.


 

 

L'enquête néerlandaise "Nightingale" consiste en une large étude prospective des expositions professionnelles et de leurs effets sur la santé auprès de 59.947 infirmières. La question principale concerne le lien possible entre le travail de nuit et le cancer du sein.
Les chercheurs ont scruté la littérature scientifique en quête d’une réponse à la question qui se pose de plus en plus, à savoir si une travailleuse ayant un cancer du sein peut retourner travailler à un poste de travail de nuit. Ils sont partis de l’idée que les études réalisées jusqu’à présent l’ont été principalement sur les animaux. Celles-ci montrent, en effet, que la perturbation du rythme circadien peut stimuler la progression du cancer du sein. C’est sur cette base que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le travail en équipes alternantes, qui comprend du travail de nuit, comme "probablement cancérogène" (classification 2A). Pour les êtres humains, il n'y a que peu de preuves de l'effet cancérigène du travail en équipes comportant des prestations de nuit.

En raison du manque de données scientifiques sur une possible récidive du cancer du sein, les chercheurs de cette étude recommandent de vérifier chaque cas individuellement: "Pour commencer, nous aimerions pouvoir mieux estimer le risque de base et le pronostic. Si le risque de récidive du cancer du sein est relativement grand, le travail de nuit constitue un risque supplémentaire bien plus important que lorsque le pronostic est favorable; dans ce dernier cas, le travail de nuit n’ajoute peut-être pas grand-chose à un risque déjà faible".

Plus d'informations sur l'étude "Nightingale" sur www.nightingale-studie.nl.

: 152/2013 PreventMail