Covid-19: le CSS revoit son avis sur la ventilation des locaux

Le Conseil supérieur de la Santé (CSS), face à l’émergence de variants plus contagieux du coronavirus, a revu son avis de mai 2019 sur la ventilation des locaux. Ventiler au mieux les espaces intérieurs est primordial. Le port d'un masque est nécessaire dans les pièces mal ventilées, même si la distance de sécurité est respectée.

Diffusion via les aérosols
Il apparaît de plus en plus clairement à la lumière de l’expérience acquise et des données les plus récentes que la propagation du coronavirus via les aérosols joue un rôle important dans la transmission de l’infection virale dans les espaces clos. Les aérosols peuvent se disperser dans le local, rester en suspension dans l'air pendant des heures et s'y accumuler. Ces minuscules particules (dont la taille est généralement inférieure à 5 µm) pénètrent profondément dans les poumons. En outre, elles peuvent agir sur de plus longues distances (plus de 2 mètres).

Ventilation
Un séjour prolongé dans une pièce mal ventilée en présence d’une personne infectée augmente considérablement le risque d’être contaminé, et ce, même en respectant la distance de sécurité. Il est donc important de ventiler suffisamment le local avec un apport d'air neuf (50 à 80 m³ par heure et par personne). Si cela n'est pas possible, le port d'un masque est également primordial à l'intérieur, même si la distance physique est respectée. La recirculation de l'air est déconseillée, bien que cela ne soit pas toujours possible sur le plan technique, ni compatible avec la gestion énergétique. Dans les voitures ou les transports publics, il faut couper la climatisation et ouvrir les fenêtres pour avoir un apport d'air neuf satisfaisant.

Mesurer
Le taux de CO2 dans l'air ambiant est un indicateur indirect du niveau de ventilation. Un moniteur de CO2 peut donc être utile pour déterminer si l’aération d’un local est suffisante. Le taux de CO2 devrait être toujours aussi bas que possible, et certainement en-dessous de 800 ppm. Si le taux est plus élevé, il faut augmenter la ventilation et/ou réduire le nombre de personnes présentes dans la pièce. À titre de référence, la concentration de CO2 dans l'air extérieur s’élève à environ 400 ppm. Le nombre de personnes pouvant être admises dans un espace clos sera limité donc, dans de nombreux cas, par la capacité à le ventiler avec de l'air neuf. "Déterminer une valeur de ventilation permettant de supprimer totalement le risque de contamination ou de fixer précisément le niveau de ventilation requis pour diminuer très fortement ce risque, est impossible", indique le rapport.

Systèmes de ventilation mécanique
Les systèmes de ventilation mécanique qui renouvellent de manière contrôlée les flux d'air dans le local ont la préférence du Conseil Supérieur de la santé. En complément ou en l’absence de systèmes de ventilation mécanique,  il faut ouvrir les fenêtres autant que possible. Les ouvertures des fenêtres devraient idéalement se  situées les unes en face des autres pour augmenter la circulation de l’air et réduire le risque d’une accumulation locale d'air contaminé.

Systèmes de filtration supplémentaires
Si la recirculation de l'air ne peut être interrompue (par exemple, pour des raisons de chauffage) ou s’il s’agit de locaux présentant un risque de charge virale élevée, il faut installer des systèmes de filtration supplémentaires. Le Conseil recommande une filtration centrale avec des filtres HEPA ou des précipitateurs électrostatiques. Si ce n’est techniquement pas réalisable, on peut recourir à des systèmes de filtration autonomes mobiles (équipés de filtres HEPA ou à précipitation électrostatique). Le dimensionnement et le positionnement de ces appareils doit se faire en fonction de la taille du local. Il est ainsi plus judicieux de placer plusieurs petites unités qu'une seule grande.

Systèmes non recommandés
Les systèmes de purification de l'air à base d’UV ne sont actuellement recommandés que dans les hôpitaux et les environnements hautement contrôlés. Les systèmes à base d'ozone ne sont jamais conseillés. Aucun des autres systèmes  - en particulier les purificateurs d'air portables à usage domestique - n'ayant prouvé leur efficacité contre le coronavirus, ils ne sont donc pas recommandés.

L'avis 9616 est disponible sur le site du Conseil supérieur de la santé

Source: health.belgium.be

 

 
: preventActua 05/2021