Consommation excessive d’alcool pour un travailleur belge sur sept

L’enquête menée par le prestataire de services RH Securex révèle que 14% des travailleurs belges boivent trop: en moyenne plus de 2 à 3 verres d’alcool par jour. L’étude pointe le lien avec le stress. Sensibiliser les travailleurs peut aider à prévenir les problèmes liés à la consommation excessive d’alcool. 

L’étude
L’étude a été réalisée dans le cadre du baromètre effectué tous les deux ans. Les résultats permettent de mettre en relief, entre autres, la satisfaction, le stress, la vitalité, la motivation et l’implication des travailleurs belges. L’enquête a été menée en ligne en janvier 2015 auprès de 1754 salariés actifs sur le marché du travail belge. Après ré-échantillonnage, le panel comptait 1671 répondants. La répartition de l’échantillon correspond pour les variables genres, âge, région et statut, à celle du marché du travail belge.

10 verres/semaine
La limite de dix verres d’alcool par semaine constitue la nouvelle recommandation du Centre d’expertise flamand pour l’alcool et les autres drogues (VAD), lancée à la fin 2016. Auparavant, la consommation hebdomadaire de 21 boissons alcoolisées pour les hommes et de 14 pour les femmes était considérée comme "sans danger".

Consommation problématique
Selon Securex, environ 14% des travailleurs boivent donc plus d’alcool que ce que conseille le VAD. Ce taux atteint 18% chez les hommes contre 9% chez les femmes.
Le pourcentage de travailleurs chez qui on observe une consommation d'alcool problématique est plus ou moins stable depuis six ans (voir fig. 1). Ce taux avait cependant chuté à 10% au cours de la période 2009-2010, ce que Securex attribue à l’interdiction de fumer dans les lieux publics introduite à l’époque.


Fig. 1 Evolution du pourcentage de travailleurs consommant trop de boissons alcoolisées (2009 – 2015)

D’après l’enquête, la consommation d’alcool est plus importante chez les fonctionnaires que chez les travailleurs du secteur privé (17% contre 12%). Fumer et boire vont de pair: les fumeurs boivent plus que les non-fumeurs (23% contre 10%).

Stress: ne pas se tourner vers la bouteille
Les salariés qui souffrent beaucoup du stress dans leur cadre professionnel ou leur vie privée sont, plus souvent, des buveurs problématiques. Si prendre un verre d’alcool après une journée stressante réduit un peu le stress à court terme, cela ne résout pas le problème. Ce mécanisme de compensation inapproprié (l’alcool est néfaste pour le système neurologique et provoque en fait du stress) est portant souvent utilisé. En outre, boire chaque fois qu’une situation stressante se présente, débouche, à terme, sur une consommation problématique d’alcool. Mieux vaut donc se tourner vers le sport, bien meilleur pour la santé et agissant aussi sur le stress via les endorphines libérées lors de l’activité physique.

Corrélation entre stress et alcool: les chiffres
Les travailleurs stressés consomment plus d’alcool que ceux qui ne le sont pas (17% contre 11%). Inversement, les buveurs problématiques sont aussi plus stressés (59% contre 47%), non seulement au travail (68% contre 61%) mais aussi dans leur vie privée (50% contre 34%).
Les salariés qui consomment trop d’alcool disent plus souvent avoir trop de travail que ceux qui ne sont pas de gros buveurs (60% contre 49%). Ils font davantage d’heures supplémentaires (49% contre 32%) et la navette domicile-travail leur pèse souvent plus (48% contre 29%). L’insécurité d’emploi est plus forte (39% contre 22%). Ils trouvent également que la charge psychique liée leur travail est plus importante (51% contre 40%). Les buveurs excessifs se sentent souvent moins bien dans leur peau (53% contre 38%)

 

Sensibiliser
Sensibiliser les travailleurs aux risques liés à la consommation d’alcool, que ce soit dans le cadre de la vie privée ou au travail, permet de prévenir des problèmes graves ou chroniques. Cela implique de permettre aux travailleurs de mettre le problème sur la table de façon constructive.

Et si c’est la fête?
Pour prévenir une consommation excessive lors d’activités festives:
- Prévoyez suffisamment d’alternatives non alcoolisées de haute qualité
- Si vous servez de l’alcool, privilégiez la qualité à la quantité (p.ex. une bonne coupe de champagne plutôt que trois verres de mousseux bon marché).
- Anticipez la question de l’alcool au volant lors du retour si elle peut se poser
      .  Prévoyez du transport
      .  Prévoyez un alcootest pour pouvoir vérifier le taux d’alcoolémie.


Source: Securex
 

 

: PreventActua 03/2017